Page:Siefert - Rayons perdus.djvu/94

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Hélas ! pourquoi ? qui peut le dire ?
Lorsque j’y songe bien longtemps,
J’imagine que je vais lire
Dans tes sentiments inconstants.

Je crois pouvoir ouvrir ton âme,
Expliquer ton cœur sans le mien ;
Mais soudain les fils de la trame
S’embrouillent… je n’y comprends rien.

Peut-être, toujours trop crédule,
M’abusé-je encore en ceci.
De ce cher passé qui me brûle,
N’as-tu ni regret ni souci ?

Et quand, triste fantôme, j’erre
Aux lieux où mon cœur s’est lié,
Peut-être en ton humeur légère
As-tu déjà tout oublié ?

Ah ! si tu ris lorsque je pleure,
Dans l’angoisse où je me débats
La tombe me serait meilleure :
Au moins je ne t’entendrais pas.