Page:Simon - La Peine de mort, 1869.djvu/39

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instincts n’en reviennent pas terrifiés, ils en reviennent démoralisés. » Son grand argument était l’incertitude des jugements humains ; il était intarissable sur cet article ; il entassait les exemples, quelques-uns d’une force accablante, et tous puisés dans ses souvenirs personnels. Ses récits étaient de longs procès faits aux juges. Il ne voyait en eux que des hommes de parti, qui avaient la guillotine pour argument. Il faut dire qu’il avait vu les cours prévôtales. Il disait, entre autres choses, que la justice politique rendait ses arrêts comme on obéit à une consigne ; mais fidèle à ses principes, il ajoutait qu’elle était instituée pour cela, qu’elle était dans son rôle en frappant les ennemis et même les suspects. « Que voulez-vous que fasse un juge, qui est lui-même