Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/159

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L’amélioration et la prospérité de la Grande-Bretagne, qu’on a si souvent attribuées à ces lois, peuvent très-aisément s’expliquer par de tout autres causes. Cette assurance que donnent les lois de la Grande-Bretagne à tout individu, de pouvoir compter sur la jouissance des fruits de son propre travail, est seule suffisante pour faire prospérer un pays, en dépit de tous ces règlements de vingt autres lois de commerce qui ne sont pas moins absurdes, et cette sécurité a été portée au plus haut degré par la révolution, presque au même moment où la prime a été établie. L’effort naturel de chaque individu pour améliorer sa condition, quand on laisse à cet effort la faculté de se développer avec liberté et confiance, est un principe si puissant, que, seul et sans autre assistance, non-seulement il est capable de conduire la société à la prospérité et à l’opulence, mais qu’il peut encore surmonter mille obstacles absurdes dont la sottise des lois humaines vient souvent embarrasser sa marche, encore que l’effet de ces entraves soit toujours plus ou moins d’attenter à sa liberté ou d’atténuer sa confiance. Dans la Grande-Bretagne, l’industrie jouit d’une sécurité parfaite, et quoiqu’elle soit bien éloignée d’avoir une entière liberté, au moins est-elle aussi libre et plus libre que dans aucun autre pays de l’Europe.

Parce que l’époque de la plus grande prospérité de la Grande-Bretagne et de ses plus grands progrès dans la culture a été postérieure à ce système de lois qui est lié avec l’institution de la prime, il ne faudrait pas, pour cette raison, en faire honneur à ce système de lois. Cette époque a été aussi postérieure à la dette nationale ; or, ce qu’il y a de certain au monde, c’est qu’elle n’a pas été amenée par la dette nationale.

Quoique le système de lois qui est lié avec l’établissement de la prime ait précisément la même tendance que les règlements de l’Espagne et du Portugal, celle d’abaisser un peu la valeur des métaux précieux dans le pays où il est établi, cependant la Grande-Bretagne est certainement un des plus riches pays de l’Europe, tandis que l’Espagne et le Portugal sont peut-être au nombre des plus pauvres. On peut pourtant se rendre compte de cette différence de situation d’après deux différentes causes : d’abord, la taxe, en Espagne, la prohibition, dans le Portugal, sur l’exportation de l’or et de l’argent, et la police rigoureuse qui maintient l’exécution de ces lois, doivent, dans deux pays très-pauvres, qui importent annuellement entre eux au-delà de 6 millions sterling, opérer non pas plus directement,