Page:Smith - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, Blanqui, 1843, II.djvu/449

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libre qu’il se rendît propre à défendre son pays à la guerre, et que dans cette vue il se formât aux exercices militaires. Mais il lui laissait la liberté du choix de ses maîtres pour s’y instruire, et ne lui faisait, à ce qu’il semble, aucune autre avance à cet égard, que celle du champ ou lieu public réservé pour ces exercices.

Dans les premiers âges des républiques grecque et romaine, il paraît que les autres parties de l’éducation consistaient à apprendre à lire, écrire et compter selon l’arithmétique du temps. Les plus riches citoyens acquéraient souvent ces connaissances, à ce qu’il semble, par le secours de quelque précepteur domestique qui était, en général, ou un esclave ou un affranchi ; et les citoyens plus pauvres allaient pour le même objet aux écoles de certains maîtres qui faisaient métier d’enseigner ces choses moyennant une rétribution. Toutefois, ces parties de l’éducation étaient entièrement laissées aux soins des parents ou tuteurs de chaque individu. Il ne paraît pas que l’État se soit jamais attribué sur elles aucun droit de direction ni d’inspection. À la vérité, une loi de Solon dispensait les enfants de soutenir la vieillesse de leurs parents, lorsque ceux-ci avaient négligé de leur faire apprendre un métier ou un emploi lucratif.

Dans les progrès de la civilisation, quand la rhétorique et la philosophie vinrent à être en honneur, les gens d’une condition relevée avaient coutume d’envoyer leurs enfants aux écoles des philosophes et des rhéteurs, pour s’y instruire dans ces sciences que tout homme bien né se piquait de savoir. Mais ces écoles n’étaient pas entretenues par l’État ; pendant longtemps il ne fit simplement que les tolérer. Longtemps même la demande en fait de philosophie et de rhétorique fut si peu considérable, que les premiers maîtres qui s’annoncèrent pour professer l’une et l’autre de ces sciences, ne pouvant trouver d’occupation constante dans une seule ville, quelle qu’elle fût, furent obligés de voyager pour enseigner tantôt dans un endroit, tantôt dans l’autre. C’est ainsi que vécurent Zénon d’Élée, Protagoras, Gorgias, Hippias et plusieurs autres. À mesure que la demande vint à augmenter, les écoles de philosophie et celles de rhétorique devinrent stationnaires, d’abord à Athènes, et ensuite dans plusieurs autres villes. Toutefois, il ne paraît pas que l’État leur ait jamais donné d’autre encouragement que d’assigner à quelques-unes d’elles un lieu pour enseigner, ce qui fut fait aussi quelquefois par des donateurs particuliers. Ce fut l’État, à ce qu’il semble, qui assigna l’Académie à Platon, le Lycée à Aristote, et