Page:Société agricole et scientifique de la Haute-Loire - Mémoires et procès-verbaux, 1879-1880, Tome 2.djvu/81

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mémoires

mission générale. Pons de Goudet et Armand de Bouzols, abbé de Saint-Pierre-Latour et procureur de l’évêque, jurèrent sur l’âme dudit évêque[1] de respecter le pacte solennel et firent ensuite les protestations et soumissions d’usage dans les contrats du temps. Enfin tous les droits de Marquèze, la veuve de Pons de Chapteuil, furent réservés sur le fort du Villard.

L’acte fut dressé en plein chapitre de Notre-Dame, devant tous les chanoines réunis en assemblée générale, le lundi avant la fête de la Purification de la Sainte Vierge, le 31 janvier 1289 (n. s.). Étaient présents en personne Pons de Goudet et l’évêque Frédol. Voici les noms des chanoines qui ratifièrent les conventions : Raymond Atger[2], doyen ; Armand de Bouzols, abbé de Saint-Pierre-Latour ; Guillaume de Montrevel[3], prévôt ; Pierre de Montgascon, Geoffroi de Saint-Bonnet, Pierre de Servissac, Guillaume de Borne, Jausserand Malet, Hugues Vi-

  1. La même formule de serment se trouve dans l’hommage rendu le 23 avril 1393, pour le comté de Bigorre, au chapitre du Puy, par l’archevêque de Narbonne, Gilles Aycelin de Montaigu, et le célèbre Pierre Flotte, ambassadeurs de la reine Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel. Jean de la Roche Aymon, chevalier, qui accomplit la cérémonie matérielle de féauté, dans la salle de notre chapitre, jura sur l’âme de la reine, (Tablettes, III, 394 et 395, et IV, 31 et 32).
  2. Le doyen Raymond Atger ou Lagier joua un grand rôle dans le procès historique sur le comté de Bigorre, entre le roi Philippe le Bel et les possesseurs légitimes de cette province : Esquivat de Chabanes et Constance, dame de Bigorre (Tablettes. III, 388 et suiv.).
  3. Le Gall. Christiana, Eccl. Aniciensis, t. II, col. 749, donne un Guillaume de Montrevel, comme prévôt en 1267 et en 1290. Toutefois, vers l’an 1270, on trouve un Maurice, prévôt du Puy, qui est en même temps, seigneur de Saint-Bonnet et de Novacelle. Comment concilier le Montrevel, prévôt en 1267 et en 1290, avec le Montboissier, investi de la même dignité dans l’intervalle de ces deux dates ? Ne faut-il pas admettre deux Montrevel, tous deux prévôts, l’un avant, l’autre après Maurice de Saint-Bonnet ? Cette explication est très vraisemblable ; elle se justifie, du reste, par de nombreux documents et par les habitudes des familles nobles au moyen âge. Dans les races féodales les honneurs ecclésiastiques passaient fréquemment d’oncle à neveu. La similitude des noms et prénoms des deux prévôts de Montrevel autorise notre hypothèse, qui n’est point en contradiction avec le raisonnement proposé par le Gallia lui-même, loc. cit., en ce qui concerne les deux Maurice de Saint-Bonnet.