Page:Sorel - La Vraie histoire comique de Francion.djvu/13

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AVIS AUX LECTEURS


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Cest ici un ouvrage du sieur du Parc, qui s’est assez fait connoître par les aventures de Floris[1] et de Cléonte, et celles de Phinimène et de Chrysaure, dans son livre des Agréables diversités d’amour. Il est vrai que ces histoires ont un style fort poétique et fort figuré, mais tel qu’il convenoit au sujet et à la mode du temps, pendant lequel on ne trouvoit point agréable de parler des mignardises d’amour avec des paroles simples. Or il faut avouer qu’il a très-bien réussi dans cette manière d’écrire, et qu’il a même fait paroître par ses applications, qui se trouvent de tous côtés, qu’il entendoit l’histoire et la fable, et qu’il étoit aussi fort bien instruit dans la plus secrète philosophie ; mais, comme il avoit l’esprit souple, il varioit son style selon les desseins qu’il prenoit, et nous avons eu de lui d’autres pièces où il s’est efforcé de mettre moins de paroles et plus de choses. Entre toutes celles qu’il a faites, il faut avouer qu’il n’y en a point qui égale cette Histoire comique de Francion, laquelle il fit la dernière, étant las de tant d’histoires tragiques qu’il avoit composées, comme il déclare dès l’entrée du livre. L’on y remarquera une grande différence de ses autres ouvrages ; car il sçavoit bien qu’en ce lieu-ci il falloit écrire simplement

  1. Sorel se trahit dès les premières lignes, car il a publié lui-même, dans son extrême jeunesse, un livre intitulé : les Amours de Floris.