Page:Sorel - Réflexions sur la violence.djvu/133

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CHAPITRE III


Les préjugés contre la violence


I. — Anciennes idées relatives à la Révolution. — Changement résultant de la guerre de 1870 et du régime parlementaire.

II. — Observations de Drumont sur la férocité bourgeoise. — Le Tiers État judiciaire et l’histoire des tribunaux. — Le capitalisme contre le culte de l’État.

III. — Attitude des dreyfusards. — Jugements de Jaurès sur la Révolution : son adoration du succès et sa haine pour le vaincu.

IV. — L’antimilitarisme comme preuve d"un abandon des traditions bourgeoises.


I


Les idées qui ont cours, dans le grand public, au sujet de la violence prolétarienne, ne sont point fondées sur l’observation des faits contemporains et sur une interprétation raisonnée du mouvement syndical actuel ; elles dérivent d’un travail de l’esprit infiniment plus simple, d’un rapprochement que l’on établit entre le présent et des temps passés ; elles sont déterminées par les souvenirs que le mot révolution évoque d’une manière presque nécessaire. On suppose que les syndicalistes, par le