Page:Sorel - Réflexions sur la violence.djvu/62

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en plus, comme une théorie du syndicalisme révolutionnaire, — ou, encore, comme une philosophie de l’histoire moderne en tant que celle-ci est sous l’influence de ce syndicalisme. Il résulte de ces données incontestables que, pour raisonner sérieusement sur le socialisme, il faut avant tout se préoccuper de chercher quel est le rôle qui appartient à la violence dans les rapports sociaux actuels[1].

Je ne crois pas que cette question ait été encore abordée avec le soin qu’elle comporte ; j’espère que ces réflexions conduiront quelques penseurs à examiner de près les problèmes relatifs à la violence prolétarienne ; je ne saurais trop recommander ces études à la nouvelle école qui, s’inspirant des principes de Marx plus que des formules enseignées par les propriétaires officiels du marxisme, est en train de rendre aux doctrines socialistes un sentiment de la réalité et un sérieux qui leur faisaient vraiment par trop défaut depuis quelques années. Puisque la nouvelle école s’intitule marxiste, syndicaliste et révolutionnaire, elle ne doit avoir rien tant à cœur que de connaître l’exacte portée historique des mouvements spontanés qui se produisent dans les masses ouvrières et qui peuvent assurer au devenir social une direction conforme aux conceptions de son maître.

  1. Dans les Insegnamenti sociali della economia contemporanea (écrits en 1903 et publiés seulement en 1906, Remo Sandron, éd., Palerme), j’ai signalé déjà, mais d’une manière très insuffisante, le rôle que la violence me semblait avoir pour assurer la scission entre le prolétariat et la bourgeoisie (pp. 53-55).