Page:Soumet - Les Embellissemens de Paris, 1812.djvu/14

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Dépouillent leur vieillesse ; et, rayonnant de joie,
Les arts ont vu Saturne abandonner sa proie.
Louvre, dont le portique éblouit nos regards,
Louvre, asyle des rois et temple des beaux-arts,
De quel éclat nouveau ton faîte se couronne !
Les trésors du génie et les pompes du trône,
Ces chefs-d’oeuvres épars, ces marbres précieux,
Ces tableaux, confidents des mystères des cieux,
Décorent à l’envi ton enceinte immortelle.
Je m’égare, je suis l’ombre de Praxitelle,
Et l’aspect de Vénus a troublé tous mes sens :
Hâtous-nous, la déesse offerte à notre encens
N’a qu’un moment peut-être à rester sur la terre ;
Sa pudeur l’environne, et l’œil, avec mystère,
Effleure les contours de ce marbre enchanté,
Où brille en rayons purs l’éternelle beauté.
Ici la fable heureuse a retrouvé son temple ;
Par son charme entraîné, je rêve, je contemple
Ces corps aériens qu’enfanta le ciseau…..
Qu’ai-je dit ? Non Paros ne fut point leur berceau ;
Ils n’appartiennent point à sa grotte éclatante.
Dans les temps reculés, quand la foudre inconstante