Page:Soumet - Les Embellissemens de Paris, 1812.djvu/15

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S’échappa pour jamais des mains de Jupiter,
Les dieux, qui partageaient le trône de l’Éther,
Désertant et l’Olympe et ses voûtes antiques,
En marbres transformés peuplèrent nos portiques ;
Mais leur divinité se révèle aux mortels,
Et sous la pierre même a conquis des autels.
Peuples, prosternez-vous ; et toi, fière Italie,
De l’encens des humains long-temps enorgueillie,
Rappelle-toi ce jour où, guidé par les arts,
Le héros de la France aborda tes remparts ;
Ces marbres, ces trésors, ces pompes de tes fêtes,
Dont la Grèce soumise embellit tes conquêtes,
D’un conquérant nouveau décorèrent le char :
Tout l’Olympe captif marcha devant César ;
Le Tibre, d’inconstance accusa la Victoire ;
De tes temples déserts, de tes palais sans gloire,
L’univers dédaigneux oublia le chemin,
Et le flambeau des arts s’éteignit dans ta main.
Ainsi de la grandeur disparaît le fantôme ;
Jouet de la fortune, ainsi chaque royaume
Du livre de la gloire à son tour effacé,
Pleure son opulence et son luxe passé.