Page:Souvestre - Le Monde tel qu’il sera, 1846.djvu/59

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Tout en parlant, l’homme d’affaires vidait sa trousse, afin de la remettre en ordre. Les regards de Maurice s’arrêtèrent sur un papier qui venait de s’entr’ouvrir, il lut :

Recette pour le chocolat pur caraque. — Prenez un tiers de haricots rouges, un tiers de sucre avarié, un tiers de suif ; aromatisez le tout avec des écorces de cacao, vous aurez du chocolat de santé.

Recette pour le miel — Prenez de la mélasse, de la farine de seigle, aromatisez avec de la fleur d’orange, composée de sels de zinc, de cuivre et de plomb ; vous aurez du miel du mont Hymète.

Recette pour le sucre blanc. — Prenez de la poudre d’albâtre…

Maurice ne put continuer : Blaguefort, qui avait tout remis en ordre, reprit le papier et le plaça soigneusement avec ses effets de commerce ; mais il aperçut, tout à coup, parmi ces derniers, une lettre qui parut réveiller en lui un souvenir oublié…

— À propos, je ne vous ai point dit, s’écria-t-il, en se tournant vers M. Atout, la société pour les télégraphes trans-aériens vient d’être formée ! L’année prochaine, nous serons en communication directe avec la lune.

— Avec la lune ! s’écrièrent Marthe et Maurice stupéfaits.

— Les dernières expériences faites à l’observatoire de Sanspair ont rendu la chose possible, fit observer M. Atout. Grâce au télescope construit par M. de l’Empyrée, la lune s’est enfin laissé voir.

— Et bientôt elle se fera entendre ! ajouta Blaguefort ; car, grâce aux nouveaux télégraphes électriques, on pourra converser avec les lunaires aussi promptement et aussi facilement que je converse avec vous. J’ai là, du reste, le projet