Page:Souza - Où nous en sommes, 1906.djvu/142

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plus, s’il n’est pas cacophonique, entre deux mots différents ; quand enfin on aura fait leur place aux accents toniques et qu’on aura augmenté d’une ou deux le nombre possible des coupes ou césures (quelle timidité !) on aura réalisé à peu près toutes les réformes techniques aujourd’hui possibles. » (« Les modes d’expression de la poésie ». Revue bleue, 14 nov. 1903).

On peut comparer ces « facilités » avec celles de M. Retté. Il va sans dire que M. Léon Vannoz fait plus loin bon marché du vers libre des symbolistes et croit découvrir, entre le vers et des suites* rythmiques des confusions éclaircies dès les premières notes techniques de M. Gustave Kahn.

— Page 72.

Vers Libéré.

Divers jeunes poètes s’étant disputé dans Gil Bios la gloire d’avoir tué le vers libre, puis d’avoir instauré le vers libéré et créé l’expression même, nous avons écrit au directeur du journal la lettre suivante, insérée le 15 décembre :

Paris, le 14 décembre 1905.

Monsieur le Directeur,

Voulez-vous me permettre de vous faire remarquer combien il est inutile que les plus jeunes poètes se disputent la paternité de la formule « vers libéré » ? Elle date, en effet, au moins, de novembre 1886, comme on peut le constater dans le petit avant-propos que mit M. Francis Vielé-Griffin en tête de ses poèmes, Les Cygnes (Vanier, éditeur).

Je crois qu’il est bon de le citer : il est bref et plein : « Une chose apparaît intéressante et, peu s’en faut, générale, quand on considère le mouvement poétique actuel. C’est ce que certains ont appelé « l’extériorité » du vers.

« C’est le Vers Libéré des césures pédantes et inutiles (notons bien que le poète ne veut pas dire de toutes césures, mais seulement de celles qui sont pédantes et inutiles). C’est le triomphe du rythme, la variété infinie rendue au vieil alexandrin encore monotone chez les romantiques ; la rime libre enfin du joug parnassien, désormais sans raison d’être, redevenue simple, naïve, éblouissante d’éclat, au seul gré du tact poétique de celui qui la manie ; c’est la réalisation du souhait de Théodore de Banville : « Victor