Page:Spencer - La Science sociale.djvu/160

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appelée par ces peuples le milieu du dix-neuvième siècle de leur ère. Ce rapport traite d’une nation fort intéressante pour nous, la nation anglaise. Jusqu’à présent on n’avait retrouvé aucune trace de ce peuple antique ; néanmoins, les noms de certains grands hommes qu’il avait produits, nous avaient été conservés. L’un était un poëte qu’on disait avoir surpassé en puissance d’imagination et en profondeur de pénétration tous ceux qui l’avaient précédé. L’autre, un savant, que nous avons lieu de supposer éminent sous bien des rapports et dont nous savons positivement ceci, qu’il a enseigné à toutes tes nations alors existantes et à toutes celles qui ont vécu depuis, comment l’Univers est équilibré. Les questions relatives aux Anglais avaient donc toujours eu le privilège d’exciter l’intérêt. On était curieux de savoir quelle espèce de peuple ce pouvait être, quelle sorte de civilisation était la sienne. Les révélations du rapport ne s’accordent guère avec les suppositions qu’on avait faites.

« On a commencé par chercher les traces des grands hommes dont on connaissait les noms, pensant que leur souvenir dût être conservé par des signes commémoratifs très apparents. Ce qu’on a trouvé se réduit en somme à peu de chose. On a découvert, il est vrai, qu’on avait décerné au dernier venu d’entre eux, à celui qui avait révélé a l’humanité la constitution des cieux, un titre honorifique, du genre de ceux qui se donnaient chez ce peuple au négociant heureux en affaires qui venait présenter une adresse au monarque. Quant au grand poëte, les Anglais avaient planté un arbre en son honneur et ils lui avaient érigé une petite statue qu’ils avaient placée dans un de leurs temples, où elle se perdait au milieu d’une forêt de monuments massifs élevés à la mémoire des chefs militaires de la nation. Ce n’est pas que les Anglais n’aient jamais construit de monument commémoratif de dimensions considérables, au contraire. Ainsi nos explorateurs ont découvert les vestiges d’un édifice véritablement gigantesque, dans lequel, selon toute apparence, des personnes de distinction et des députés de toutes les nations se réunissaient pour honorer en commun un être quelconque. Il est peu probable que ce fût un homme ; car il est difficile d’imaginer un homme d’une va-