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même jour après jour. La neige avait dégelé, et il en tombait presque chaque nuit de la fraîche, si bien que pendant trois semaines au moins Heidi ne put pas monter voir la grand’mère. Elle n’en était que plus zélée à enseigner la lecture à Pierre, afin qu’il pût bientôt la remplacer pour les cantiques.

Un soir donc que Pierre revenait de chez Heidi, il entra dans la petite chambre en disant :

— Je peux !

— Qu’est-ce que tu peux, Pierrot ? demanda sa mère fort intriguée.

— Lire !

— Mais est-ce bien possible ! As-tu entendu, grand’mère ? s’écria Brigitte au comble de la stupéfaction.

La grand’mère avait entendu et se demandait aussi avec surprise comment cela s’était fait.

— À présent il faut que je lise un cantique, c’est Heidi qui l’a dit, continua Pierre.

La mère descendit en toute hâte le livre du rayon, et la grand’mère fut toute réjouie : il y avait si longtemps qu’elle n’avait entendu une de ces bonnes paroles ! Pierre s’assit devant la table et com-