Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/13

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tenant. Tu comprends, Sesemann, que si nous voulons conserver quelque chance d’amélioration dans l’état de ton enfant, nous devons observer les plus grands ménagements et les soins les plus minutieux.

Mr Sesemann qui avait jusque là écouté en silence et avec une expression de triste résignation, releva tout à coup la tête et s’écria :

— Docteur, dis-le moi en toute sincérité, conserves-tu vraiment quelque espoir d’un changement dans son état ?

Le docteur haussa les épaules.

— Bien peu, dit-il à demi-voix. Mais voyons, cher ami, pense un peu à moi ! N’as-tu pas une enfant qui t’aime, qui te désire quand tu es absent, et qui se réjouit de ton retour ? Lorsque tu rentres chez toi tu ne trouves jamais la maison déserte et tu ne t’assieds pas à une table solitaire. Ta fille aussi a de quoi être heureuse ; il est vrai qu’elle est privée de bien des choses dont les autres jouissent, mais sous combien de rapports n’est-elle pas plus privilégiée que tant d’autres enfants ! Non, Sesemann, vous n’êtes pas tant à plaindre, vous êtes bien