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en bas de la montagne ; comment Clara, dans son désir d’aller voir les fleurs, s’était lancée à faire les premiers pas, et ainsi de suite. Ce récit des enfants dura longtemps car la grand’maman les interrompait à chaque instant par des exclamations de surprise et des actions de grâces, et ne cessait de s’écrier :

— Mais est-ce bien possible ? N’est-ce point un rêve ? Sommes-nous bien tous éveillés ? Est-il vrai que nous voici assis devant le chalet et que l’enfant aux joues rondes et fraîches que j’ai devant moi est ma pâle et faible Clara d’autrefois ?

Et chaque fois Clara et Heidi éprouvaient une joie nouvelle en voyant que leur surprise pour la grand’maman avait si bien réussi et que l’effet en durait toujours.

Mr Sesemann, cependant, ayant terminé ses affaires à Paris, avait aussi de son côté voulu ménager une surprise à Clara. Un beau matin, sans avoir écrit un mot à sa mère, il avait pris le train pour venir coucher à Bâle, et dès le lendemain de bonne heure il était reparti, rempli d’un immense désir d’aller retrouver sa fille dont il avait été séparé tout l’été. Il arriva à Ragaz quelques heures après le départ de