Page:Spyri - Encore Heidi, 1882.pdf/54

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viendrons ici, et tu me le rediras encore une fois.

Pendant tout ce temps, Pierre avait été fort occupé à décharger son indignation : il y avait tant de jours que Heidi n’était pas venue au pâturage ! et maintenant qu’elle y était bien réellement de nouveau, voilà que le Monsieur restait assis tout le temps à côté d’elle, et que lui, Pierre, ne pouvait pas s’approcher ! Son dépit était extrême. Il s’avança à quelque distance derrière le Monsieur, qui ne pouvant pas le voir, ne se doutait de rien ; alors il dirigea vers lui un poing agressif, puis deux, et plus Heidi restait à côté de son compagnon, plus les poings de Pierre s’agitaient terribles et menaçants pour celui qui lui tournait le dos.

Sur ces entrefaites, le soleil ayant atteint dans le ciel la hauteur qui indique le moment du dîner, Pierre qui connaissait cela parfaitement cria de toutes ses forces :

— Il faut manger !

Heidi se leva pour aller chercher la sacoche, afin que le docteur pût prendre son dîner à la place même où il était assis. Mais il déclara n’avoir pas faim