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la tint bien serrée dans la sienne, taudis qu’elle lui disait :

— Oui, me voici de nouveau heureuse, je suis bien, maintenant, même si je dois rester encore plus longtemps couchée ici. Vois-tu, personne ne peut comprendre sans y avoir passé, ce que c’est que d’être là toute seule dans un lit pendant des jours et des jours, sans jamais entendre une parole de qui que ce soit, et sans rien voir, pas le plus petit rayon de soleil ! Il vous vient alors des pensées bien accablantes, on se dit qu’il ne fera plus jamais jour, et il semble qu’on ne puisse pas aller plus loin. Mais quand on entend les paroles que tu m’as lues, c’est comme si une lumière s’allumait dans le cœur et y ramenait la joie.

La grand’mère lâcha alors la main de l’enfant qui lui souhaita une bonne nuit, rentra en courant dans la chambre voisine et entraîna Pierre en toute hâte, car, sur ces entrefaites, la nuit était venue et il fallait partir. Mais la lune brillait au ciel et projetait une si vive clarté sur la neige blanche qu’on aurait dit que le jour allait de nouveau se lever. Pierre prépara son traîneau, s’assit devant, sa