Page:Stendhal - Chroniques italiennes, II, 1929, éd. Martineau.djvu/37

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frère de sa femme, et Antoine Torando, ami de la maison. Tous trois, formant comme une sorte de tribunal, mirent en jugement Marcel Capecce, accusé d’adultère avec la duchesse.

L’instabilité des choses humaines voulut que le pape Pie IV, qui succéda à Paul IV, appartînt à la faction d’Espagne. Il n’avait rien à refuser au roi Philippe II, qui exigea de lui la mort du cardinal et du duc de Palliano. Les deux frères furent accusés devant les tribunaux du pays, et les minutes du procès qu’ils eurent à subir nous apprennent toutes les circonstances de la mort de Marcel Capecce.

Un des nombreux témoins entendus dépose en ces termes :

— Nous étions à Soriano ; le duc, mon maître, eut un long entretien avec le comte d’Aliffe… Le soir, fort tard, on descendit dans un cellier au rez-chaussée, où le duc avait fait préparer les cordes nécessaires pour donner la question au coupable. Là se trouvaient le duc, le comte d’Aliffe, le seigneur Antoine Torando et moi.

Le premier témoin appelé fut le capitaine Camille Grifone, ami intime et confident de Capecce. Le duc lui parla ainsi :

— Dis la vérité, mon ami. Que sais-tu de ce que Marcel a fait dans la chambre de la duchesse ?