Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/109

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


au centre de la forêt de la Faggiola, dans la cabane de charbonnier qui était son quartier-général.


VI


Le lendemain du combat, les religieuses de la Visitation trouvèrent avec horreur neuf cadavres dans leur jardin et dans le passage qui conduisait de la porte extérieure à la porte en barreaux de fer ; huit de leurs bravi étaient blessés. Jamais on n’avait eu une telle peur au couvent : parfois on avait bien entendu des coups d’arquebuse tirés sur la place, mais jamais cette quantité de coups de feu tirés dans le jardin, au centre des bâtimens et sous les fenêtres des religieuses. L’affaire avait bien duré une heure et demie, et, pendant ce temps, le désordre avait été à son comble dans l’intérieur du couvent. Si Jules Branciforte avait eu la moindre intelligence avec quelqu’une des religieuses ou des pensionnaires, il eût réussi : il suffisait qu’on lui ouvrît l’une des nombreuses portes qui donnent sur le jardin ; mais, transporté d’indignation et de colère contre ce qu’il appelait le parjure de la jeune Hélène, Jules voulait tout emporter de vive force. Il eût cru manquer à ce qu’il se devait s’il eût confié son dessein à quelqu’un qui pût le redire à Hélène. Un seul mot, cependant, à la petite Marietta eût suffi pour le succès : elle eût ouvert l’une des portes donnant sur le jardin, et un seul homme paraissant dans les dortoirs du couvent,