Page:Stendhal - Chroniques italiennes, Lévy, 1855.djvu/358

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appelée à se voir plus que jamais à la tête de La société et de la littérature du monde.

En attendant que les flots irrités se calment de plus en plus, tachez, ô lecteur bénévole ! de haïr le moins possible, et de n’être pas hypocrite. Je conçois qu’un pauvre diable, cinquième fils du tisserand de mon village, préfère tous les métiers à celui de bêcher la terre. Mentir toute la journée est assurément moins pénible. Il y a plus, le mensonge ne réagit pas sur son cœur, il ne le corrode pas comme il fait chez vous. Ce ne sont pas des mensonges que le maraud prononce, ce sont des mots inintelligibles pour lui : il ne sent pas qu’il vole l’homme auquel il parle, et qu’il mérite son mépris ; mais vous, lecteur bénévole, qui avez lu avec plaisir le poème de Voltaire et les pamphlets de Courier, vous qui avez trois chevaux dans votre écurie, comment consentez-vous à attrister votre vie par la sale hypocrisie ?