Page:Stendhal - D’un nouveau complot contre les industriels, 1825.djvu/6

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par de la gloire, les Guillaume-Tell, les Porlier, les Riego, les Codrus, les gens, en un mot, qui risquent beaucoup pour obtenir ce qu’à tort ou à raison ils croient utile au public.

Pendant que Bolivar affranchissait l’Amérique, pendant que le capitaine Parry s’approchait du pôle, mon voisin a gagné dix millions à fabriquer du calicot ; tant mieux pour lui et pour ses enfans. Mais depuis peu il fait faire un journal qui me dit tous les samedis qu’il faut que je l’admire comme un bienfaiteur de l’humanité. Je hausse les épaules.

Les industriels prêtent de l’argent aux gouvernants, et les forcent souvent à faire un budget raisonnable et à ne pas gaspiller les impôts. Là, probablement, finit l’utilité dont les industriels sont à la chose publique ; car peu leur importe qu’avec l’argent prêté par eux on aille au secours des Turcs ou au secours des Grecs. Je trouve dans le dernier ouvrage de M. Villemain le petit dialogue suivant entre Lascaris, qui fuit Constantinople pris par les Turcs, et un jeune Médicis.

« ......... Mais quoi ! dit Médicis, les Génois qui occupaient vos faubourgs étaient vos alliés, vos marchands !

« — Ils nous ont trahis, répondit le malheureux