Page:Stendhal - D’un nouveau complot contre les industriels, 1825.djvu/8

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ridicule, me la demander au nom de mon amour pour la liberté ?

L’industrialisme, un peu cousin du charlatanisme, paie des journaux et prend en main, sans qu’on l’en prie, la cause de l’industrie ; il se permet de plus une petite faute de logique : il crie que l’industrie est la cause de tout le bonheur dont jouit la jeune et belle Amérique. Avec sa permission, l’industrie n’a fait que profiter des bonnes lois, et de l’avantage d’être sans frontières attaquables que possède l’Amérique. Les industriels, par l’argent qu’ils prêtent à un gouvernement après avoir pris leurs sûretés, augmentent pour le moment la force de ce gouvernement ; mais ils s’inquiètent fort peu du sens dans lequel cette force est dirigée. Supposons qu’un mauvais génie envoie aux États-Unis d’Amérique un président ambitieux comme Napoléon ou Cromwell, cet homme profitera du crédit qu’il trouvera établi en arrivant à la présidence, pour emprunter 400 millions, et avec ces millions il corrompra l’opinion et se fera nommer président à vie. Hé bien ! si les intérêts de la rente sont bien servis, l’histoire contemporaine est là pour nous apprendre que les industriels continueront à lui prêter des millions, c’est-à-dire à augmenter sa