Page:Stendhal - Lucien Leuwen, I, 1929, éd. Martineau.djvu/66

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CHAPITRE I



Lucien Leuwen avait été chassé de l’École Polytechnique pour s’être allé promener mal à propos, un jour qu’il était consigné, ainsi que tous ses camarades : c’était à l’époque d’une des célèbres journées de juin, avril ou février 1832 ou 1834.

Quelques jeunes gens assez fous, mais doués d’un grand courage, prétendaient détrôner le roi, et l’École polytechnique[1] (qui est en possession de déplaire au maître des Tuileries), était sévèrement consignée dans ses quartiers. Le lendemain de sa promenade, Lucien fut renvoyé comme républicain. Fort affligé d’abord, depuis deux ans il se consolait du malheur de n’avoir plus à travailler douze heures par jour. Il passait très bien son temps chez son père, homme de plaisir et riche banquier, lequel avait à Paris une maison fort agréable.

  1. Colomb ajoute ici : « pépinière de mauvaises têtes ». N. D. L. E.