Page:Stendhal - Promenades dans Rome, I, Lévy, 1853.djvu/37

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percé d’ouvertures fermées par des grilles de fer. C’est par là qu’entraient les gladiateurs et les bêtes féroces, et que l’on emportait les cadavres.

La place d’honneur, parmi les Romains, était au-dessus du mur qui entourait l’arène, et s’appelait podium ; de là on pouvait jouir de la physionomie des gladiateurs mourants, et distinguer les moindres détails du combat. Là se trouvaient les sièges réservés aux vestales, à l’empereur et à sa famille, aux sénateurs et aux principaux magistrats.

Derrière le podium commençaient les gradins destinés au peuple ; ces gradins étaient divisés en trois ordres appelés meniana, La première division renfermait douze gradins, et la seconde quinze ; ils étaient en marbre. Les gradins de la troisième division étaient, à ce qu’on croit, construits en bois. Il y eut un incendie, et cette partie du théâtre fut restaurée par Héliogabale et Alexandre. La totalité des gradins pouvait contenir quatre-vingt-sept mille spectateurs, et on estime que vingt mille se plaçaient debout dans les portiques de la partie supérieure, bâtis en bois.

On distingue, au-dessus des fenêtres de l’étage le plus élevé, des trous dans lesquels on suppose que s’enchâssaient les poutres du velarium. Elles supportaient des poulies et des cordes, à l’aide desquelles on manœuvrait une suite d’immenses bandes de toile qui couvraient l’amphithéâtre et devaient garantir les spectateurs de l’ardeur du soleil. Quant à la pluie, je ne conçois pas trop comment ces tentes pouvaient mettre à l’abri de ces pluies battantes que l’on éprouve à Rome.

Il faut chercher dans l’Orient, parmi les ruines de Palmyre, de Balbec ou de Pétra, des édifices comparables à celui-ci pour la grandeur ; mais ces temples étonnent sans plaire. Plus vastes que le Colysée, ils ne produiront jamais sur nous la