Page:Stendhal - Promenades dans Rome, I, Lévy, 1853.djvu/59

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PROMENADES DANS ROME. 53

de rindiffêrence d’une duchesse de Tancieu régime ^ ; mais leur vivacité les emporte ; elles changent souvent de place, s’agitent beaucoup dans un salon, elles n’en sont que plus belles. Tant de mouvements dérangeraient à Paris une jolie robe de Victorine.

août. — La plus belle forêt du monde est celle de la Biccia. 

De grands rochers nus, couleur de bistre, percenl au milieu de la plus belle verdure et deiTaccidents de feuillage les plus pittoresques.. On voit bien, à Tétonnante vigueur de la végétation, que la montagne d’Albano est un ancien volcan. Malgré la chaleur accablante partout ailleurs et la crainte des serpents, nous avons erré toute la journée à deux lieues environ de la Riccia. Nous avons commencé nos courses par revoir pour la cinquième fois les fresques du Dominiquin au couvenl de Saint-Basile, à Grotta-Ferrata. Saint Nil, moine grec, représenté dans ces fresques, fut en sou lemps un homme du plus grand courage et tout à fait supérieur. 11 a trouvé un peintre digne de lui. Ce que j’ai raconté de son histoire à nos compagnes de voyage a doublé Teffet de la fresque du Dominiquin. Je m’en suis profondément afiligé avec ces dames. Elles sont loin encore d’aimer et de comprendre la peinture. Le sujet ne fail rien au mérile du peintre ; c’est un peu comme les paroles d’un lihreitq pour la musique. — Tout le monde s’est moqué de celte idée, même le sage Frédéric.

août. — On a beaucoup parlé peinture hier soir chez 

^ Voir la Galerie des Dames françaises. Londres (Paris) 1790, in- 8°, de 207 pages, contenant cinquante-huit portraits du temps. fiC peintre est ridiculc/mais il y a de la ressemblance. M. le docteur Yillermé donne une explic.ilion singulière de la mauvaise santé des grandes dames en 1789.