Page:Stendhal - Promenades dans Rome, II, Lévy, 1853.djvu/24

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48 ŒUVRES DE STENDHAL. •

aucun doute, une télé de femme de M. Agricola plaîsaiti)eaucoup plus ce matin que la plus belle Madone de Raphaël, tant Vénergie, quelque mitigée qu’elle soit. par Texpression de la piété i plus tendre, est antipathique au dix-neuvième siècle. M. Gammucini est un homme fort adroit, qui fait de grands tableaux de trente pieds de long, tels que la Mort de Virginie, la Mort de César, etc. Ces grandes toiles n*apprennent rien de nouveau et ne laissent aucun souvenir. Cela est correct, con* venable et froid, absolument comme les poèmes à grandes marges que Paris voit prôner tous les hivers. Le bon public ne sait quoi y blâmer.

M. le chevalier Gammucini a le talent assez commun de faire d’excellentes copies. Lorsque les victoires de Tannée d’Italie enlevèrent à Rome la Déposition de Croix si énergique de Michel-Ange de Garravage, en vingt-sept jours seulement ’ M. Gammucini’en fit une copie admirable pour le matériel de Tart, et qui n affaiblissait pas trop l^xpression des passions. Je louerai avec plaisir les dessins de M. Gammucini, d’après des figures isolées de Raphaël ; ils annoncent réellement beaucoup de talent.

En sortant du magnifique atelier de ce peintre, nous sommes allés chez M. Finelli, sculpteur, place Barberini. Sa Vénus sortant de Vonde est une bien jolie chose, et a obtenu un succès réel auprès de nos compagnes de voyage si jolies elles-mêmes. La sculpture est un art sévère, et qui est loin de plaire au premier abord ; depuis quelque temps nos compagnes de voyage ont surmonté ce premier mouvement d’antipathie. M. Finelli a beaucoup d’imagination, sous ce rapport c’est un véritable artiste.

Nous n’avons pu résister à l’envie de revoir la villa Ludovisi, dont nous étions tout près ; nous sommes descendus en* suite à la villa Borghèse, où Ion nous a montré les nouvelles