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ROMANS ET NOUVELLES


parlèrent aux femmes, ce n'était pas assurément faute de loisirs, car plusieurs erraient dans l’appartement et regardaient les tableaux.

À l’occasion de son nouveau titre le baron craignait mortellement les plaisanteries des petits journaux, c'est pour parer à cet inconvénient qu’il avait fait venir son neveu le chef d’escadron que madame la baronne de Vintimille n'aimait guère. Cette mesure toute belliqueuse était de lui. Monsieur de Miossince, un grand personnage qu’il considérait beaucoup lui avait dit : « l’exposition des tableaux est contemporaine de votre nouveau titre, achetez les tableaux dont les auteurs ont du crédit dans les journaux et que vous y verrez louer. »

M. de Vintimille avait saisi cette idée et il était partant un protecteur éclairé des arts.

Madame Wanghen demanda les noms de certains jeunes gens fort bruyants et assez connus dans le monde, leur amabilité [était] fort marquée envers Mina. Seule, parmi les femmes, elle fut honorée de leur attention. Mais rien ne put la faire sortir d’un sérieux profond tout à fait étranger à son caractère. Elle voulut rentrer à onze heures, elle qui ne trouvait jamais que les soirées se prolongeaient assez tard.