Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/123

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LE ROSE ET LE VERT

Ces dames consultèrent M. le baron de Vintimille mais avec tous les ménagements possibles. La baronne de Vintimille était une des femmes auprès desquelles leur chute était le plus visible, et elles n'eussent pas voulu pour tout au monde avoir l’air de lui faire des plaintes.

Ce fut aussi avec des ménagements infinis et une politesse bien supérieure à ses façons d’agir ordinaires que le baron fit entendre que, concentré absolument dans la grande affaire de transformer la fortune et la position d’un banquier en celles d’un grand propriétaire, il n'oserait donner à ces dames un conseil qui pourrait avoir les suites les plus graves. Il devait se borner à une tâche qui aurait toujours ses premiers soins, celle d’arranger leurs intérêts d’argent de façon à ce qu’elles perdissent le moins possible sur le change entre Kœnigsberg et Paris, et 20 à ce qu’à Paris même elles fussent trompées le moins possible.

Le banquier abrégea sa visite d’une façon significative.

— Hé bien, maman, dit Mina quand il fut sorti, c'est clair : nous avons la peste, cela rend notre position piquante. Jouissons de la demi-loge que nous avons eu le bonheur d’obtenir au théâtre italien de l’obligeance de M. Robert, allons quelquefois à