Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/127

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LE ROSE ET LE VERT


point une personne payée, il serait à désirer que l’on pût trouver une parente éloignée, ou du moins une personne décente que l’on pût présenter au monde comme une parente.

Madame Wanghen ne répondit point à cette ouverture, elle eut l’air de n'y voir qu’un propos ordinaire et bientôt l’on parla d’autre chose, mais à peine M. de Miossince fut-il sorti qu’elle tint conseil avec Mina. « L’idée est sage et bonne, appelons notre cousine de Strombek, elle nous aime comme nous l’aimons, elle est sage et prudente, peut-être est-elle encore un peu jeune, elle n'a pas trente ans, mais les longs malheurs, suite de son mariage avec un seigneur de la Cour, lui ont valu une connaissance du monde bien supérieure à son âge. Où pourrions-nous trouver un cœur de femme qui nous aime comme celui-là ? Nous pourrons penser tout haut avec elle. »

— Elle qui s'est si mal trouvée d’un époux grand seigneur, ajouta Mina, elle pourra nous donner des idées dans l’art de repousser honnêtement tous ces secrétaires d’ambassade qui se présentent à cause des millions.

Justement ce soir-là le ministre de Prusse avait fait annoncer à ces dames que dans la nuit un courrier extraordinaire parti-