Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/130

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ROMANS ET NOUVELLES


de si loin cette fatale cousine ? Si réellement j’aspire au bonheur de faire rentrer dans le giron de l’Église ces consciences égarées, il faut redoubler de soins et placer cette affaire au rang des plus importantes. j’ai péché par un défaut qui n'est plus de mon âge, ajouta l’abbé de Miossince avec componction (en sentant profondément tous ses torts), par excès de confiance. Peut-être aurais-je dû proposer plus clairement madame d’Arblay. Elle a la connaissance parfaite des usages français, c'était un avantage à faire valoir et qui peut-être eût été décisif aux yeux de ces dames. Mesdames Wanghen ont trop d’esprit pour ne pas voir que leur naïveté, que leur confiance dans la parfaite simplicité et innocence de tout le monde, les entratne quelquefois à revêtir les apparences d’une conduite bizarre et qui pourrait être mal interprétée… Il devient nécessaire d’étudier le caractère de cette grande dame déchue et trompée par son mari qui va nous arriver. Cet événement complique la question, tel motif de conduite qui pouvait être considéré comme d’un effet probable et bastant pour déterminer l’esprit de la mère et de la fille peut manquer totalement de son effet, sur celui de cette troisième personne qui a vécu à la cour de Berlin. j’ai perdu un temps. Il