Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/152

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
110
ROMANS ET NOUVELLES


comme un bon et fidèle catholique romain.

— Ah j’entends ! interrompit le jeune duc, et toute l’animation de sa figure tomba, ses traits se flétrirent et en un clin d’œil l’apparence de l’ennui remplaça le regard de l’espérance. La jeune femme est une catholique exaltée, ce qu’on appelle un ange de vertu, ce sera comme Mme de Bérulle, je serais accablé d’'offices, je me vois déjà logé vis-à-vis de Saint-Thomas d’Aquin.

— Et quand il serait vrai ? reprit l’abbé avec les regards de la haine. Le duc venait de le blesser profondément. Et quand il serait vrai ? Si la femme est parfaitement estimable ? Si à ce prix, à la naissance du premier fils, vous ac-qué-rez la-li-ber-té, dit-il en pesant étrangement sur les mots. Je dirai plus, ajouta l’abbé et son œil reprit toute la douceur, tout le velouté de la civilisation. Il avait des remords, son âme venait de se montrer, chose si rare chez lui. Cette femme qui vous donnerait la liberté est encore protestante et sa famille songe seulement à la convertir au catholicisme, en vous demandant : 1o de contribuer à cette conversion ; 2o comme je l’ai dit, de vous conduire en tout comme un bon et fidèle catholique romain.