Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/171

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
129
LE ROSE ET LE VERT


en avertis, monsieur le jeune homme, ne se laissent point prendre à vos propos français. Elles aiment Paris, mais n'admirent point à l’aveugle tout ce qui s'y fait. Je vous avertis que vous les trouverez fort clairvoyantes. Et avec cela quelquefois elles disent des naïvetés et font des questions à mourir de rire.

— Pourvu que leurs ridicules ne ressemblent pas à ceux de la province en France et aux façons des mères parisiennes qui racontent à propos de bottes des anecdotes sans intérêt pour faire briller leurs filles, je leur pardonne.

— Vous trouverez, bourdonnant autour de ces dames, un général diplomate, M. de Landek, et une quantité de seigneurs allemands ruinés qui, je pense, ont été avertis par leurs correspondants de la dot de sept millions. Et si nous ne réussissons pas, mon cher duc, votre fortune n'est pas tellement inférieure, quoique moins considérable [elle] ne fait pas disparate avec les sept millions de Kœnigsberg, ces dames pourraient difficilement trouver mieux que vous en France. Ce n'est point le vil désir des millions qui vous engage à agir. Et enfin ne disons mot. de ceci à personne, je ne vois pas ce que nous pourrons perdre si le hasard nous refuse le succès.