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ROMANS ET NOUVELLES


que l’une a sept millions et l’autre peut-être pas sept cents francs de rente.

— Ceci fait leur éloge.

— Ce qui est plus positif, reprit l’abbé, c’est que des lettres de Kœnigsberg, écrites par des personnes dont je réponds, portent la fortune de mademoiselle Mina Wanghen à sept millions de francs au moins dont quatre millions en fonds de terre, et le reste dans une banque fort prudente et fort accréditée, et de laquelle en moins d’une année on pourrait retirer tout cet argent là. La mère a la jouissance seulement de deux millions. Ainsi, mon cher Léon, soyez constant aux soirées d’Angleterre. Je pourrais fort bien vous mener chez le baron de Vintimille, mais il y a là deux grandes demoiselles et, qui plus est, une mère bourgeoise en diable et ne rêvant que de maris pour ses filles. Elle ne manquerait pas de rêver sur le champ au titre de duchesse.

— Ces mères et ces filles-là sont ma bête noire, s'écria Léon, je les trouve odieuses.

— Quand vous serez en Angleterre tâchez de danser avec mademoiselle Wanghen. Si j’y suis je tirerai parti des circonstances pour vous présenter à ces dames le plus simplement que je pourrai. En ce cas une demi-heure après la présentation vous disparaîtriez. Ces femmes-là, je vous