Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/19

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PRÉFACE DE L’ÉDITEUR
I

Bien qu’il ait écrit un certain nombre de récits courts, Stendhal apparaît plus à l’aise dans le roman que dans la nouvelle. Il lui faut de l’espace pour développer ses beaux dons d’analyste et de psychologue.

Il trouve plus facilement les protagonistes de ses récits que l’action dans laquelle il les doit engager. On a souvent répété qu’il manquait d’imagination. Il faut toutefois s’entendre sur ce singulier grief. Est-ce donc manquer d’imagination que de pouvoir, en des centaines de pages, avec la patience et la minutie qu’on lui voit, énumérer les plus subtiles raisons d’agir de ses héros et découvrir les plus secrets replis de leur cœur ? Reconnaissonsseulement qu’il n’invente pas d’ordinaire ses sujets, et qu’il préfère reprendre au hasard de ses lectures les thèmes généraux de ses livres et les emprunter, par exemple, à quelque vieille chronique ou à la Gazette des Tribunaux.