Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/200

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on lui apprit qu’elle verrait à diner la célèbre madame de Larçay : c’était la femme la plus riche et la plus aimable du pays ; on la citait souvent pour l’élégance de ses fêtes et la manière parfaitement digne, aimable et tout à fait exempte de ridicule, avec laquelle elle savait défaire une fortune considérable. Mina fut étonnée de tout ce qu’elle trouva de commun et de prosaïque dans le caractère de madame de Larçay. — Voilà donc ce qu’il faut devenir pour être aimée ici ! — Dans sa douleur, car le désappointement du beau est une douleur pour les cœurs allemands, Mina cessa de regarder madame de Larçay, et, par politesse, fit la conversation avec son mari. C’était un homme fort simple, qui, pour toute recommandation, avait été page de l’empereur Napoléon à l’époque de la retraite de Russie, et s’était distingué par une bravoure au-dessus de son âge dans cette campagne et dans les suivantes. Il parla à Mina fort bien et fort simplementde la Grèce, où il venait de passer une ou deux années, se battant pour les Grecs. Sa conversation plut à Mina ; il lui fit l’effet d’un ami intime qu’elle reverrait après en avoir été longtemps séparée.

Après diner, on alla voir quelques sites célèbres de la forêt de Compiègne. Mina