Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/222

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fuyant sous un déguisement les conséquences de quelque mauvaise action. Bien plus, si je prends la fuite sans avertir M. de Ruppert malgré son respect pour ma fortune, il est capable de divulguer mon secret. Maisen restant, comment éloigner les soupçons de M. de Ruppert ? Par quelle fable ?

Au même bal masqué, où Mina fit une rencontre si fâcheuse,tous ces hommes du grand monde, sans esprit, qui vont aux eaux promener leur ennui entourèrent madame de Larçay comme à l’ordinaire. Ne sachant trop que lui dire ce soir-là, parce que les lieux communsqui conviennent à un salon ne sont plus de mise au bal masqué, ils lui parlèrent de la beauté de sa femme de chambre allemande. Il se trouva même parmi eux un sot plus hardi qui se permit quelquesallusionspeu délicates à la jalousie que l’on supposait à madame de Larçay. Un masque tout à fait grossierl’engageaà se venger de son mari en prenant un amant ; ce mot fit explosion dans la tête d’une femmefort sage et accoutumée à l’auréole de flatteries dont une haute position et une grande fortune entourent la vie.

Le lendemain au bal, il y eut une promenade sur le lac. Mina fut libre et put se rendre chez Madame Cramer, où elle