Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/224

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de votre hôtel la première maison de Paris. Voulez-vous m’obéir comme un enfant ? À ce prix, mais seulement à ce prix, je vous offre ma main dans un an.

Pendant ce long discours, le comte de Ruppert calculait les effets d’un roman désagréable à soutenir, mais toujours avec une grande fortune, et au fond avec une femme réellement bonne. Ce fut avec beaucoup de grâce qu’il jura obéissance à Mina. Il essaya de toutes les formes pour pénétrer plus avant dans ses secrets.

— Rien de plus inutile que vos efforts, lui répondait-on en riant. Aurez-vous le courage d’un lion et la docilité d’un enfant ?

— Je suis votre esclave, répondit le comte.

— Je vis cachée dans les environs d’Aix, mais je sais tout ce qui s’y fait. Dans huit ou neuf jours, regardez le lac au moment où minuit sonnera à l’horloge de la paroisse : vous verrez un pot à feu voguer sur les ondes. Le lendemain, à neuf heures du soir, je serai ici et je vous permets d’y venir. Prononcez mon nom, dites un mot à qui que ce soit, et de votre vie vous ne me revoyez.

Après la promenadesur le lac, pendant laquelle, et plus d’une fois, il avait été question de la beauté d’Aniken, madame.