Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/262

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se confesser et de recevoir la communion ; ensuite ils allaient dîner pour revenir deux heures après. Alors tous les élèves, sous la conduite de quelques prêtres, se rendaient dans un jardin hors de la ville pour y jouer à la balle, et chaque partie se payait au prix de dix Paters qu’on récitait les mains sur les genoux. L’heure du jeu expirée, on rentrait à la ville, où le sermon nous attendait au retour ; ensuite, deux prêtres administraient des coups de discipline à chacun de nous, et on éteignait les lumières pour laisser aux plus zélés la liberté de recevoir à nu la correction des bons pères.Aucommencement du psaume Miserere mei, Deus, toutes les disciplines entraient en mouvement, et cet exercice durait jusqu’à ce que le chant fût achevé. Quand le psaume était terminé, les discipliness’arrêtaient ; on laissait aux pénitents qui s’étaient déshabillés le temps nécessaire pour voiler leur nudité ; ensuite, on rallumait les lampes, et, après force prières, on nous renvoyait tous bien pénétrés de la crainte de l’enfer et du démon. Chaque semaine voyait cette cérémonie se renouveler une ou deux fois au profit de notre âme, mais aux dépens de notre esprit. Nos maîtres ne portaient aucun intérêt à notre instruction ; ils s’étudiaient