Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/322

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



hommes pour délivrer M. Perrin, s’il était encore en vie. Je le trouvai dans un corps de garde, et l’amenai chez un chirurgien. « Il faut nous séparer, monsieur Perrin, mon ami, lui dis-je ; tu finirais par me faire tuer. » Il me reprocha beaucoup de l’avoir abandonné et d’avoir dit aux assaillants de la boutique qu’il était seul coupable. Cependant, à mon avis, c’était le seul moyen d’arrêter le pillage.

Enfin M. Perrin insista tant, que nous commençâmesune seconde société ; nous payâmes des soldats pour garder le cabaret. En deux mois nous eûmes gagné douze mille francs chacun ; malheureusement M. Perrin tua en duel un des soldats qui nous gardaient depuis le renouvellement de notre société. « Tu me feras tuer, » lui répétai-je, et je le quittai, ce pauvre M. Perrin. Plus tard je vous conterai sa mort.

Je vins à Lyon, où j’achetai des montres et des diamants, alors à fort bon compte ; car moi je me connais en toutes sortes de marchandises. Si vous me mettez dans quelque pays que ce soit, avec cinquante francs seulement dans ma poche, au bout de six mois j’aurai vécu et triplé mon capital.

Je cachai mes diamants dans un secret que je fis faire à ma charrette. Le régiment