Page:Stendhal - Romans et Nouvelles, I, 1928, éd. Martineau.djvu/68

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ROMANS ET NOUVELLES

Mais, dira le lecteur, est-ce un voyage en Allemagne ou une simple nouvelle que vous prétendez me faire lire ? Peut-être ni l’un ni l’autre ; il est possible qu’il ne s'agisse de rien moins que d’un traité de métaphysique transcendentale d’après les principes de l’illustre Schelling que de peur de l’ironie francaise on fera exposer dans un dialogue savant et gracieux à la fois qui aura lieu au Chasseur Vert entre l’héroïne de la nouvelle, Mina Wanghen, et un de ces jeunes gens si serrés dans leur redingote, que garnissent si joliment des découpures de velours noir. Quand il deviendra trop savant, le dialogue aura lieu entre Mina Wanghen et son illustre maître le professeur et conseiller spécial Eberhart, maintenant retenu pour son bien à Schweidnitz, l’une des plus belles forteresses prussiennes de la Silésie.

Pour le moment toutefois le dialogue n'aura lieu qu’entre Mina Wanghen et sa mère et nous ne sommes pas encore arrivés aux parties sublimes du livre.

Mina rougit beaucoup à l’observation que lui fit sa mère, puis se jeta au cou de sa mère et fondit en larmes [1].

— Eh bien, dit Madame Wanghen en souriant, voilà ma pauvre Mina qui aura

  1. En marge de la main de Stendhal : «L’interruption a huit grandes pages. » N.D.L.E.