Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/109

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CHAPITRE XXXI


Je n’ai pas interrompu le récit de Napoléon. Deux réflexions me sont venues. On peut dire sur Pichegru : toute cette justification est fondée sur cette maxime ancienne :

« Celui-là fait le crime à qui le crime sert. »

Mais le despotisme n’a-t-il jamais de lubies inexplicables ? Tout ce raisonnement serait également bon pour prouver que Napoléon n’a jamais menacé de faire fusiller MM. Laîné, Flaugergues et Renouard.

Sur la mort du duc d’Enghien, on pourra se demander, dans dix ans, de combien de degrés elle est plus injuste que celle du duc d’El[chingen][1]. À l’époque de la mort du duc d’Enghien, on disait à la cour que c’était une vie sacrifiée aux craintes des acquéreurs de domaines nationaux. Je tiens du général Duroc que l’impératrice Joséphine, pour obtenir la grâce du prince, se jeta aux genoux de Napoléon ;

  1. Prudence.