Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/126

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CHAPITRE XXXVI

DE L’ESPAGNE


Le soir de la bataille d’Iéna, Napoléon étant encore sur le champ de bataille, reçut une proclamation du prince de la Paix qui appelait tous les Espagnols aux armes. Napoléon sentit profondément le danger auquel il venait d’échapper ; il vit à quelles alarmes le Midi de la France serait en butte à chaque nouvelle expédition qu’il entreprendrait dans le Nord. Il résolut de ne pas laisser sur ses derrières un ami perfide, prêt à l’attaquer dès qu’il le croirait embarrassé. Il se rappela qu’à Austerlitz, il avait retrouvé le roi de Naples parmi ses ennemis, quinze jours après avoir signé la paix avec cette cour. La manière dont le prince de la Paix avait le projet d’attaquer la France, est contraire au droit des gens tel qu’il paraît adopté par les nations modernes. M. de Talleyrand ne cessait de répéter à Napoléon qu’il n’y aurait de sûreté pour sa dynastie que lorsqu’il aurait anéanti les Bourbons. Les détrôner n’était pas assez ;