Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/129

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nouveau roi, qui avaient peur des vengeances de Charles IV, contre lequel ils avaient conspiré, ne voyaient de sûreté qu’auprès de Napoléon et brûlaient d’arriver auprès de lui avec leur prince.

Ces grands événements semblent curieux de loin, mais, en s’en rapprochant, on ne les trouve que dégoûtants. Les ministres espagnols sont trop bêtes et les agents français trop forts. C’est la vieille politique stupidement perfide de Philippe II luttant contre le génie tout moderne de Napoléon[1]. Il y a deux traits qui reposent l’âme : celui de M. Hervas, frère de la duchesse de Frioul, qui, au péril de plus que sa vie, arriva à Valladolid et fit tout ce qui est humainement possible pour ouvrir les yeux à la stupide suffisance des ministres de Ferdinand VII. Le garde général des douanes sur la ligne de l’Èbre, homme simple et brave, proposa à ce prince de l’enlever avec deux mille hommes dont il disposait : il fut sévèrement réprimandé. Voilà bien l’Espagne telle qu’elle allait se montrer pendant six ans : stupidité, bassesse et lâcheté dans les princes ; dévouement romanesque et héroïque de la part du peuple.

Ferdinand VII arriva à Bayonne le

  1. Voir l’ouvrage de M. Escoïquiz.