Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/130

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20 avril au matin et y fut reçu en roi. Le soir, le général Savary vint lui annoncer que Napoléon avait résolu de placer sa propre dynastie sur le trône d’Espagne. Napoléon exigeait en conséquence que Ferdinand VII abdiquât en sa faveur. Dans le même moment l’empereur avait avec le ministre Escoïquiz cette curieuse conversation qui développe si bien et son caractère et toute sa politique envers l’Espagne[1].

Le plan de Napoléon était vicieux en ce qu’il offrait aux princes, chassés d’Espagne, l’Étrurie et le Portugal : c’était laisser du pouvoir à des ennemis.

Ferdinand VII, victime d’un vil favori, d’un père aveugle, d’un conseil imbécile et d’un voisin puissant, était, dans le fait, prisonnier à Bayonne. Comment sortir de ce mauvais pas ? À moins de devenir oiseau, il ne restait aucune possibilité de s’évader, tant les précautions étaient bien prises. Chaque jour elles redoublaient. Les remparts de la ville étaient, jour et nuit, couverts de soldats, les portes gardées avec le plus grand soin, tous les visages examinés à l’entrée et à la sortie. Des bruits de tentative d’évasion se répandirent ; la surveillance acquit

  1. Voir les ouvrages de MM. Escoïquiz et de Pradt dont tout ceci n’est qu’un extrait.