Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/143

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Dans la conversation avec M. Escoïquiz qui, jusqu’ici, est la pièce la plus curieuse de ce procès et la plus authentique parce qu’elle est publiée par un ennemi, Napoléon dit fort bien : « Mais enfin la suprême loi des souverains, qui est celle du bien de leurs États, me met dans l’obligation de faire ce que je fais. »

Il faut remarquer, au grand étonnement des sots, qu’un souverain qui n’est qu’un procureur fondé ne peut jamais user de générosité, faire des dons gratuits. Nous retrouverons cette question en Italie où l’on voudrait que Napoléon, en opposition à ce qu’il croyait les intérêts de la France, eût fait cadeau aux Italiens d’une indépendance complète.

Napoléon, attaqué à l’improviste par l’Espagne, au moment où elle le croyait embarrassé avec la Prusse, devait faire de l’Espagne, à Bayonne, ce qu’il croyait le plus utile à la France. S’il avait été battu à Iéna, les Espagnols, commandés par les Lascy et les Porlier, ne pouvaient-ils pas venir à Toulouse et à Bordeaux, tandis que les Prussiens auraient été à Strasbourg et à Metz ?

La postérité décidera si c’est un crime dans le procureur fondé d’une nation de profiter de l’extrême bêtise de ses ennemis. Je crois qu’au contraire de notre siècle,