Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CHAPITRE XL


Supposons que Ferdinand VII se soit livré à l’empereur, comme Napoléon s’est livré aux Anglais à Rochefort. Le prince espagnol refuse le royaume d’Étrurie ; il est conduit à Valençay, séjour agréable et sain, et Napoléon, qui en avait appelé à la générosité si vantée du peuple anglais, est confiné sur un rocher où, par des moyens indirects et en évitant l’odieux du poison, on cherche à le faire périr. Je ne dirai pas que la nation anglaise est plus vile qu’une autre ; je dirai seulement que le ciel lui a donné une malheureuse occasion de montrer qu’elle était vile. Quelles réclamations en effet se sont élevées contre ce grand crime ? Quel généreux transport de tout le peuple, à l’ouïe de cette infamie, a désavoué son gouvernement aux yeux des nations ? Ô Sainte Hélène, roc désormais si célèbre, tu es l’écueil de la gloire anglaise ! L’Angleterre, s’élevant par une trompeuse hypocrisie au dessus des nations, osait parler de ses vertus ; cette grande action l’a démasquée ; qu’elle ne