Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/155

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Renvoyé à Bayonne, cet acte fut porté à un nombre d’articles beaucoup plus considérable, car de quatre-vingts qu’il avait à Madrid, on arriva à cent cinquante.

D’abord, conformément aux principes, l’on voit ici la convention chargée de faire la constitution, absolument séparée du corps qui gouverne. Le manque de cette précaution a perdu la France en 1792.

Les membres de la convention de Bayonne n’avaient nul goût pour le martyre, comme on l’a vu par leurs discours au roi Joseph ; ils procédèrent cependant avec une délicatesse qui semble annoncer beaucoup de liberté. Ne se regardant plus comme compétents pour prononcer l’expulsion d’une dynastie et l’appel d’une autre, ils ne parlèrent pas de cet objet essentiel.

Les députés s’accordent à reconnaître qu’on ne mit aucune entrave à la liberté de leurs délibérations. L’opiniâtreté, avec laquelle les grands d’Espagne défendirent le droit si illibéral de former de grands majorats, montre à quel point ils croyaient à la stabilité du nouvel ordre de choses. On y discuta vivement sur la tolérance religieuse, mot si singulier en Espagne, et sur l’établissement du jury.

Quelle fut pendant ces discussions la conduite du despote ? Il n’eut pas l’air de