Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/160

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sonnes attachées à la cour d’Espagne montrèrent sur l’état de la France ; hommes et choses, ils ignoraient tout. Ils avaient, pour les généraux les plus célèbres de l’armée française, cette curiosité de sauvages.

L’Espagnol comme le Turc, auquel il ressemble si fort par la religion, ne sort pas de son pays pour aller porter la guerre chez les autres, mais aussi dès que l’on met le pied chez lui, on a tout le monde pour ennemi. La nation ne pense pas, comme en Allemagne, que c’est l’affaire des troupes de la défendre.

On a tant d’orgueil national, on est si patriote en Espagne que même les prêtres le sont. Aujourd’hui, la moitié des généraux qui se battent en Amérique pour la liberté, se sont élevés de la classe des curés. C’est une ressemblance de plus avec les Turcs.

La physionomie du clergé est peut-être le trait qui sépare le plus l’Espagne du reste de l’Europe.

Le clergé réside en Espagne ; de plus, c’est le seul grand propriétaire qui vive au milieu des peuples. Le reste habite Madrid ou les capitales de province ; de là, l’ancien proverbe pour marquer une chose impossible : faire des châteaux en Espagne. Ce séjour perpétuel des prêtres au milieu des peuples, cette restitution habituelle