Page:Stendhal - Vie de Napoléon.djvu/164

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se les disputaient pour les faire mourir dans les tourments les plus cruels ; elles leur plantaient des couteaux et des ciseaux dans les yeux et se repaissaient, avec une joie féroce, de la vue de leur sang et de leurs convulsions[1].

Napoléon reçut à Bordeaux la nouvelle de la bataille de Baylen, où Castanos et Reding firent mettre bas les armes au général Dupont. C’était son premier revers ; il en fut au désespoir. Ni la Russie, ni Waterloo n’ont jamais rien produit d’approchant sur cette âme hautaine. « Voler des vases sacrés, s’écria-t-il dans sa fureur, cela se conçoit d’une armée mal disciplinée, mais signer qu’on a volé ! » Et un instant après : « Je connais mes Français : il fallait leur crier : « Sauve qui peut ! » Au bout de trois semaines, ils me seraient tous revenus. » Il interrogeait les assistants : « Mais n’y a-t-il pas une loi dans un code pour faire fusiller tous ces infâmes généraux ? »

  1. Mém. de Rocea, p. 190